Parking de parc : le premier contact de la journée, facturé 25 €
Le Parc Astérix vient de passer son parking de 20 à 25 €, Disneyland Paris est à 30 €, Europa-Park à 10 €. Ce que le visiteur accepte de payer, et à quelle condition.
Le 5 octobre, Journal du Geek a repéré une ligne modifiée sur la page « Venir au parc » du Parc Astérix : le parking est passé de 20 à 25 €, sans communiqué, le jour du lancement de « Peur sur le Parc ». Il était à 15 € en 2023. Le même tarif s’applique à la voiture, à la moto et au camping-car. Disneyland Paris est à 30 € la voiture, 45 € pour son « Parking+ » au plus près des entrées. Europa-Park, lui, est à 10 € la journée, réservable en ligne, et vend 32 € une place contre l’entrée principale.
Trois grands parcs, trois logiques. Et derrière chacune, une question que la plupart des parcs régionaux n’ont jamais vraiment posée : qu’est-ce que le visiteur achète quand il paie le parking ?
Ce que le visiteur voit
Le parking est le premier endroit où votre visiteur juge votre parc, et le dernier. Il arrive avec des enfants qui demandent depuis une heure si on est bientôt arrivés, il cherche une place, il marche, il fait la queue à l’entrée. Le soir, il repart fatigué, avec un enfant endormi, et doit retrouver sa voiture dans une allée qui ressemble à toutes les autres.
Aucune de ces deux expériences n’est comptée dans votre note d’expérience client, et pourtant elle la colore. Un parking payant qu’on met vingt minutes à quitter à 18 h 30 devient, dans l’avis Google rédigé dans la voiture, « 25 € pour ça ». La même somme, sur un parking fluide, avec une navette ou une allée bien signalée, ne fait pas l’objet d’une ligne.
C’est le point aveugle du sujet : le prix n’est pas le problème, c’est le rapport entre le prix et ce qu’on reçoit. Un visiteur qui a payé son billet 56 € en « Futé » et qui découvre 25 € de parking à la barrière n’a pas l’impression de payer un service. Il a l’impression d’être rattrapé.
Ce qu’Europa-Park fait différemment
Le parc allemand ne fait pas payer moins cher parce qu’il est généreux. Il a construit une gamme. Le parking standard à 10 € est un ticket daté, vendu dans la billetterie, avec le billet d’entrée. Le visiteur l’achète chez lui, en même temps que le reste : la dépense est intégrée au budget de la journée, pas découverte sur place. Le parking réservé, à 32 €, est un vrai produit : la place contre l’entrée, pour ceux qui viennent avec une poussette, un grand-parent ou simplement l’envie de ne pas marcher. Les motos et les vélos ne paient rien. Les clients des hôtels non plus.
Résultat : le parking n’est pas une taxe appliquée uniformément, c’est un choix que le visiteur fait. Et un choix, même payant, se vit mieux qu’une obligation.
Disneyland Paris applique la même logique à l’autre bout de l’échelle : le parking est gratuit pour les clients des hôtels du groupe, inclus dans les pass annuels Gold, Silver et Bronze, vendu 60 € par an en option sur le pass d’entrée de gamme. Le message est limpide : si vous revenez, vous ne payez plus. Le parking devient un argument de fidélisation, pas une pénalité d’arrivée.
Le parking comme levier, pas comme ligne de recette
Le Parc Astérix lui-même montre ce qu’on peut faire quand on cesse de voir le parking comme une recette fixe. En septembre, le parc a vendu un billet « mercredi après-midi » à 30 €, de 14 h à la fermeture, avec parking offert. L’offre avait des quotas, se réservait en ligne uniquement, et servait à remplir des créneaux creux. Le parking gratuit y jouait le rôle d’une remise lisible, sans toucher au prix facial du billet.
Pour un parc régional, c’est la bonne façon d’aborder la question. Vous avez quatre curseurs, et vous pouvez les régler indépendamment :
Le prix de base, qui doit rester cohérent avec le billet. Un parking à 25 € pour un billet à 30 € est perçu comme une anomalie. À 10 % du prix d’entrée, personne ne le remarque.
La réservation en amont. Un parking vendu avec le billet, en ligne, à un prix légèrement inférieur au tarif à la barrière, fait deux choses : il déplace la dépense hors du parc, et il vous donne une prévision du nombre de voitures, donc du nombre de visiteurs, à J-7.
L’offre premium. Une allée réservée, proche de l’entrée, vendue 20 ou 30 € de plus, trouve preneur sans effort auprès des familles avec poussette et des visiteurs à mobilité réduite, à qui vous devez de toute façon une place proche. Attention à ne pas confondre les deux : la place PMR est un droit, l’allée premium est un produit.
Le parking gratuit comme monnaie d’échange. Inclus dans le pass annuel, offert aux clients de votre hôtel ou de votre camping partenaire, offert sur une journée creuse, offert au visiteur qui revient dans les trente jours. Chaque fois, 20 € de parking « coûtent » moins qu’une remise de 20 € sur le billet, parce que le parking a un coût marginal quasi nul pour vous.
Les dix minutes qui restent
Le soir, sur le parking, votre visiteur a la journée en tête et dix minutes devant lui avant de retrouver l’autoroute. C’est le moment où il décide s’il parlera de vous, et comment. Nous l’avons déjà écrit à propos de la sortie de parc : ce moment-là mérite autre chose qu’une barrière et un ticket.
C’est l’un des endroits où une carte postale à vos couleurs, écrite dans la voiture ou à la boutique et envoyée par QR code, prend tout son sens : une famille qui raconte sa journée à une grand-mère, deux semaines avant que celle-ci ne demande « et si on y allait ensemble ? ». Le parking a coûté 25 €. La carte, elle, rapporte un visiteur.
Comptez ce que votre parking rapporte en une saison. Puis comptez ce que coûtent les avis qui le mentionnent. Si le second chiffre vous inquiète, ce n’est pas le prix qu’il faut changer, c’est ce que le visiteur reçoit pour ce prix.